Dimanche 20 décembre
Il fait -25° au lever du jour et la lumière est magnifique. Fred (Bassemayousse) nous a rejoint hier soir pour la nuit et passera la journée avec nous. Il vient, comme à Tignes, prodiguer ses conseils à notre photographe et comme il n’est pas du genre à vivre les expériences à moitié, souhaite partager les conditions de vie dans lesquelles nous sommes. Le personnage, outre qu’il est un fantastique photographe, est aussi engagé dans la protection de l’environnement, passionné par la nature et « sa » méditerranée dont il a illustré un très beau livre. Il a aussi le verbe facile et n’est jamais le dernier pour rigoler… C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que le camp est levé tout en écoutant Fred nous raconter sa nuit, un peu fraîche et pour cause, il avait un duvet « de secours », donc moins épais que le nôtre. Nous profitons des basses températures pour tester le démarrage du compresseur. Sam, Ghislain, Alban et Fred se relaient sur le démarreur et il finit par partir après un réchauffage au décapeur thermique.
C’est entre les sapins que nous progressons aujourd’hui et tout le monde profite de ces paysages magiques. Kayak est de plus en plus discipliné, passée la folie du démarrage le matin, et je partage de très agréables moments de complicité avec lui.
La journée se déroule alors agréablement, avec quand-même toujours -20°, quand Sam décide d’essayer d’avancer sur l’Arc gelée (rivière locale), avec ses skis et son traineau.
C’est sous nos yeux effarés que la glace cède sous ses skis après quelques mètres et nous voyons Sam s’enfoncer dans une eau à 2°. Il réussit à remonter et nous appliquons immédiatement la procédure appropriée. Les deux groupes électrogènes sont sortis et démarrés, le décapeur thermique est branché et dirigé sur Sam, une tente est montée, des affaires sèches sont sorties du sac. Nous nous servons des échappements pour faire sécher les chaussures et faisons boire du thé à Sam qui, égale à lui-même, ne cesse de dire qu’il est très content de cette expérience !
En 1H30, Sam est séché, changé, tout est rangé à nouveau et nous repartons comme si de rien n’était.
Les conséquences d’une chute à l’eau au pôle peuvent être dramatiques et nous sommes rassurés de voir que nous sommes préparés et équipés pour réagir à telle situation. Il n’empêche que rien ne remplace une vigilance de tous les instants.
Le soir nous campons au pied du très beau village du Villaron, ce sera notre dernière nuit sous tente. Nous avons la visite de Sylvain qui nous apporte une tablette de chocolat par personne, un met précieux et apprécié à sa juste valeur ! Demain sera notre dernière journée et nous tenterons de faire plus de 15km.
Manue
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©Frederic Bassemayousse

©Frederic Bassemayousse

© Base Océans
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Samedi 19 décembre
Hier soir, je suis enfin revenu auprès de mon équipe après mes
examens. Je suis heureux de les rejoindre pour de nouvelles aventures à
Bessans.
Tout commence par une soirée-type de l’expé, c'est-à-dire : rituel de
l’eau, choix des photos et vidéos du jour, organisation des tentes, etc…
La journée commence sous un temps incertain avec une temperature assez
douce (pour le pôle) : -10 degrés. Objectif de la journée : progression
avec fluidité sans trop s’arrêter.
Le parcours fut riche en paysages avec une entrée dans la vallée
d’Avérole où culmine l’un des plus hauts sommets du coin, « Mr
Charbonnel » mais ce dernier se cachait derrière un rideau de nuages.
Ensuite, on s’est retrouvé au milieu d’une compétition de biathlon avec
des coureurs de l’équipe de France. C’est un sport assez impressionnant.
Pour finir, nous assistons en direct à un secours du PGHM(pe loton de
gendarmerie de haute montagne) de 2 hommes coincés dans une cascade de
glace (j’aimerai devenir secouriste en montagne). L’hélicoptère treuilla
deux secouristes devant nos yeux ébahis.Cette manœuvre est assez
impressionante car le pilote de l’helicopter doit gérer la distance
entre l’helico et la paroi.
Puis, la nuit nous rattrapa et nos occupations du soir avec un froid
plus vif commencèrent.
Clément
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© Base Océans

© Base Océans

© Base Océans
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Vendredi 18 décembre
Le temps plus doux, aux environs de moins de 10, nous a apporté des chutes de neiges quasiment continu pendant toutes la journée. L’équipe de Thalassa nous a rejoint au petit matin pour filmer le re-pliage du camp puis nous a quittée peu avant notre départ. La matinée a été ponctuée par un passage en devers rocheux, particulièrement difficile avec nos traîneaux. Par la suite notre retour sur Bessan s’est bien passé et nous a permis un arrêt au chalet nordique du départ des pistes de Bessan. Cette pause au chaud (très chaud) nous a permis de récupérer de nouvelles moufles Racer à tester. L’après-midi s’est continué par une progression vers notre nouvel emplacement de bivouac où nous a rejoint, enfin le dernier membre de l’équipe, Clément.
Benoît
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Préaration des thermos d'eau chaude.
© Base Océans

l'équipe de Thalassa partage notre tente.
© Base Océans
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Jeudi 17 décembre 2009 : Retour de l’équipe de Thalassa
Hier soir encore, nous avons réussi à nous coucher tôt, le rythme est bien installé maintenant. Au réveil le thérmomètre nous indiquait moins 26 mais tout le monde à bien dormis dans l’ensemble. A 9 heures nous avions rendez-vous avec l’équipe de Thalassa qui était venu la semaine dernière à Tignes. Ils nous ont donc suivit lors de notre entraînement. Cette belle journée ensoleillée mais fraîche leur a permis de faire de très belles images et de notre côté de nous régaler avec un paysage splendide. Une partie de ce parcours n’était pas sur les pistes donc nous avons pris la direction de Bonneval sur une zone non balisée. Cela a démontré notre capacité à nous adapter à différentes situations : nous avons dû descendre les traîneaux sur une pente très raide et traverser une rivière glacé. Ceci fut d’ailleurs une belle occasion de tester sur un bras d’eau libre nos nouveaux traîneaux et de confirmer leur bonne flottabilité. Nous sommes donc rassuré! Vers la fin de la journée, toujours sous l’œil des caméras et l’œil bienveillant de Kayak qui se repose dans son lit de neige nous avons établis le camp à une vitesse surprenante ….. Ça y est le rythme est bel et bien dans la peau !!!
Alban
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Traversé d'une riviere gelée.
© Base Océans

L'équipe de thalassa s'essaye au traineaux.
© Base Océans

Franchissement d'un obstacle.
© Base Océans
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Mercredi 16 décembre : chez les skieurs de fond
A 6 heures, la voix de Ghislain passe d’une tente à l’autre : « Alban, Valentine…c’est l’heure ! ». Il faut un bon quart d’heure, le temps d’enfiler tous nos vêtements et nos épaisses chaussures de ski, avant de pouvoir sortir faire fondre la neige indispensable au petit déjeuner
Le camp est levé trois heures plus tard, il en faudra autant sur la banquise pour démonter les tentes et charger les traîneaux.
Sous le couvert d’une sombre falaise abritant des peintures rupestres, les premiers pas sont plutôt glacials, -21°C au thermomètre, d’autant plus que nous suivons le cours brumeux d’une rivière. Un peu plus tard, le soleil surmonte les sommets alentour et innonde la vallée, créant un jeu d’ombres étonnant dans les sous-bois que nous traversons.
L’arrivée de la « chaleur » correspond à celle des skieurs de fond, à qui nous empruntons leurs pistes pour notre entraînement. Dès la première rencontre les commentaires fusent et nous sommes souvent appelés à stopper notre progression pour répondre aux questions des curieux. Le contact est extrêmement chaleureux avec ces nombreux sportifs qui semblent comprendre plus rapidement que les autres notre engagement : « Vous avez de la chance, il ne fait pas trop chaud cette semaine » !, « Pour camper, vous pouvez aller près du pont, c’est l’endroit le plus froid » !
Auprès de ce public intrigué, Kayak reste la star du groupe, même s’il ne peut s’empêcher pour l’instant de sauter sur tout ce qui vient à contresens, attrapant indifféremment mollets ou bâtons de ski. Notre chien a connu aujourd’hui sa première grosse journée dans des conditions s’approchant de ce qu’il découvrira au pôle, soit marcher et tracter des heures durant, sans sieste et sans repas. Manue lui enseigne à respecter les consignes, notamment « Devant » très utile lorsqu’elle s’engage dans une pente et qu’il faut aller vite pour que le traîneau ne la rattrape pas de tout son poids. Car il suffit que Kayak décide d’aller voir sur le côté pour que la personne qui y est arnachée subisse une sorte d’écartelement. Manue le félicite cependant à chaque fois pour l’encourager à progresser. Bien qu’un peu fatigué à notre septième et dernière heure de marche, nous sommes tous fiers de lui. Ce soir, il s’est lové dans la neige, et d’un œil, guette nos va-et-vients.
Vincent
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Vincent, notre caméraman, prend de l'avance pour faire des images. © Base Océans

Ghislain retient son traineau dans les descentes.
© Base Océans

Kayak a montré son envie de nous suivre, il sera un compagnon qui compte!
© Base Océans
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Mardi 15 décembre : première nuit fraîche et belle journée ensoleillée
Qui dit « semaine de formation » dit « première nuit sous la tente par
moins 20°C » et donc rapide mise en ambiance… ! Au réveil ce matin, les
premières découvertes : qui a du sortir de la tente pour les besoins
naturels ? Qui sont les ronfleurs (ou est-il seul ?) ? Qui a oublié de
mettre ses chaussettes à sécher (dans le duvet bien sur) ? Et pour ceux
qui ont testé le nouveau matériel, quelles sont les impressions… ?
Donc, le petit déjeuner (pour certains au lit !) a été animé par
d’intéressantes conversations.
Ensuite, il est temps de commencer à penser à charger les traîneaux,
laisser les voitures et camions et partir à ski nous entraîner dans cet
endroit magnifique.
Nous déballons donc tout le matériel sur le parking, sous les yeux de
certains touristes se demandant ce que l’on peut bien préparer avec tout
ça… la réponse « une expédition qui commence au pôle Nord » semble les
laisser perplexe ! On comprend un peu !
Déballage, rangement, tri, chargement et fermeture des traîneaux,
finalement on part à la queue-leu-leu vers 15h, pleins d’énergie pour
enfin, tester le matériel et démarrer une vraie répétition générale.
2 heures de randonnée qui ont permis pour certains de faire leur premier
pas, de tester les traîneaux, pour d’autres de parfaire les techniques
expérimentées et de donner de nombreux conseils bien appréciés.
Arrivée dans un site superbe, un peu à l’abri des regards, on décide de
s’arrêter, de monter le camp et de faire fondre la neige pour le diner
: ce soir, hachis de poisson s’il vous plait ! (lyophilisés bien sur!).
Ce soir, le team Under the Pole a dit qu’il tenterait de se coucher tôt
(challenge depuis près de 2 semaines)…et il est possible que cela ait
vraiment lieu ! Evidemment, on prend le rythme du soleil…le réveil
sonnera donc aux aurores.
Valentine
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© Base Océans

© Base Océans

© Base Océans
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Lundi 14 décembre 2009 : visite au Docteur Vertical !
Ce matin, pas trop d’inertie de groupe, tout le monde a hâte d’aller rencontrer Manu Cauchy alias « Docteur Vertical » à l’hôpital de Chamonix. Il va nous briefer sur la trousse de secours, les gelures et la procédure à suivre en cas de problèmes. Emmanuel Cauchy est guide et médecin du secours en montagne à Chamonix depuis plus de 20 ans. Il est également spécialiste des maladies de montagne et des pathologies du froid, médecin d’expédition et auteur de nombreux livres et publications scientifiques. Il est le fondateur de l’Ifremont (Institut de formation et de recherche en médecine de montagne) dont l’une des missions est le conseil médical spécialisé à distance qui nous concerne tout particulièrement. Evidemment, la majeure partie d’entre nous avait lu « Docteur Vertical » et était impatient de rencontrer le personnage. Pendant deux heures (un peu plus en fait, car on a eu du mal à décoller…), nous l’avons écouté, posé beaucoup, beaucoup de questions, et sommes repartis avec notre « Petit guide médical pour le voyage » (faut-il préciser écrit par Emmanuel Cauchy ?!), petit guide très rempli d’indispensables informations aidant à la prévention, au diagnostic, traitement mais aussi à l’élaboration de la trousse à pharmacie. Rendez-vous est pris pour Clément, notre étudiant en pharmacie et futur guide pour faire le point avec Manu avant le départ.
Puis nous avons pris la route du Briançonnais… A la hauteur de Chambéry, j’appelle quand même notre contact sur place et apprend dépitée que le redoux et la pluie ont eu raison de la neige et qu’il n’y a pas plus de 10 cm ! Nous changeons tout de suite notre plan et appelons à Bessans dans le Parc de la Vanoise où Ghislain vient depuis plus de 20 ans. On nous annonce -16°, 30 km de pistes de ski de fond ouvertes et jusqu’à -25° dans la semaine : des conditions idéales pour nous entraîner avant le pôle ! Alors voilà, nous y sommes : je termine d’écrire cette news pendant que les autres amènent les tentes là où nous dormirons ce soir (je me dépêche un peu pour les retrouver !). Tout à l’heure, on fait fondre la neige, on avale notre lyophal, on envoie cette news avec l’Iridium à Vonne, on dort dans nos duvets et demain, c’est parti. En piste ! Il y en a à qui ça peut paraître dingue mais on est heureux et impatients, il y en a d’autres qui nous comprennent parce qu’ils ont déjà eu cette sensation… Et c’est dur à expliquer mais finalement ça se résume un peu à ça : le Départ!
Manue
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L'equipe attentive. Manu Cauchy alias Docyteur Vertical une rencontre attendue.
© Base Océans

On se rapproche pour entendre le cours.
© Base Océans

Allumage des rechauds premiere nuit dehors.
© Base Océans
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Dimanche 13 décembre 2009 : départ de Tignes
Nous sommes parti de Tignes en fin de matinée après avoir dit au revoir à Vonne (THE web master !), Gégé, Fred, Monch et Sylvain. Merci à vous pour votre aide et votre soutien, je sais que je n’ai pas besoin d’en dire plus. On a quitté Tignes donc, après un chargement mémorable… Discipline dans laquelle nous ne sommes pas loin d’exceller maintenant !
Tignes est vraiment un lieu fantastique pour la préparation et l’entraînement ; Stéphanie et Julia, du service presse de la ville on tout fait pour nous faciliter les choses : logistique, logement, stationnement… Cela fait trois ans que nous venons préparer des expéditions à Tignes Le Lac et c’est à chaque fois avec le même plaisir, vraiment ! Dans la descente, nous nous sommes arrêtés à Aime, dans la ferme de Sonia et Julien, chercher notre commande de plusieurs kilos de beaufort pour le trek. Le bon fromage, c’est de bonnes graisses et protéines et très important pour le moral! Sonia nous a préparé un repas digne des meilleures gîtes et entièrement concocté avec les produits de la ferme. Cela ne lui fait pas peur de cuisiner pour dix, elle a aussi été la cuisinière de la goélette Tara : elle était du voyage avec Sam en Géorgie du Sud! Julien nous a fait la visite et on a même vu un veau né la nuit précédente…
Nous avons repris la route de Chamonix où nous avons rendez-vous le lendemain avec Manu Cauchy de l’Iffremont.
Manue
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La meule de Beaufort .
© Base Océans

Les vaches de la ferme de Sonia et julien.
© Base Océans
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Vendredi 11 décembre 2009 : Tournage Thalassa et préparation physique spécifique
Hier toute la journée, Odile, Loïc et André nous ont suivi dans nos activités pour tourner le début d’un sujet qui passera dans l’émission Thalassa. Nous avons monté le camp sur le lac pour que ceux qui n’étaient pas en Finlande puissent se familiariser avec le matériel et tester nos skis de randonnés. Le bilan est positif, on a hâte d’être sur les pistes de ski de fond la semaine prochaine avec nos traîneaux chargés ! On a continué de bosser sous l’eau, tout le monde est à l’aise maintenant et les images photos et vidéos sont de plus en plus belles… On apprend à travailler en équipe sous la glace et le résultat s’en ressent. On retrouvera l’équipe de Thalassa la semaine prochaine pendant le trek.
Vendredi soir sont arrivés Marie et Jérôme, nos deux préparateurs physiques de Body Fitness à Auray. Ils nous entraînent, Ghislain et moi, depuis le mois de septembre et nous avons souhaité qu’ils viennent rencontrer toute l’équipe à Tignes. Ils ont pu expliquer à tous les principes d’une bonne préparation, corriger des mauvaises postures quand on tire les traîneaux et voir le matériel en situation. Un grand merci à l’équipe du « Lagon » qui nous a mis à disposition leur structure et en particulier la salle de musculation et la piscine. Marie et Jérôme ont ainsi pu nous faire un cours dans la salle de fitness du Lagon qui nous était réservé pendant deux heures. Ils ont fait un travail remarquable, à savoir un programme d’entraînement personnalisé pour chacun des membres de l’expédition, réalisable chez eux, sur un bateau et sans matériel spécialisé. Ils ont ensuite mené une séance type ou chacun a pu prendre conscience de ce qu’il lui faudrait travailler en particulier et ont distribué un fascicule à toute l’équipe ou le programme est détaillé. C’était vraiment indispensable : la préparation physique est incontournable sur ce projet et, dans nos métiers, nous n’avons pas toujours facilement accès à une salle de sport. Merci Marie et Jérôme pour votre investissement, et le travail que cela représente ! Nous aurons, c’est sûr, une pensée pour vous sur la banquise mais avant ça la semaine prochaine pendant le trek !
Manue
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Ghislain devant l'équipe de Thalassa.
© Base Océans

L'équipe en effort
© Base Océans

Nos deux préparateurs physiques Marie et Jérôme .
© Base Océans
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9 décembre 2009 : Avitaillement au gramme près...
Aujourd’hui, après quelques plongées matinales sous un soleil… (enfin de retour !), la mission du jour consiste pour Vonne et moi, à faire les courses pour le trek de la semaine prochaine… Cette mission débute par une simple phrase apparemment anodine : « on a besoin de deux personnes pour aller faire les courses-trek à Bourg-Saint-Maurice aujourd’hui ». Ceci posé, nous lâchons nos plongeurs sous glace, « notre trou » au milieu du lac pour nous faire un peu de route, retrouver la civilisation, les supermarchés etc…
La liste de courses pour un tel trek représente quelque chose d’assez unique… En effet, vous conviendrez qu’il est rare d’aller acheter 7,8 kg de Muesli (et de marque précise, s’il vous plait!), 234 sacs de congélation (ou Ziploc, permettant le conditionnement de la nourriture), 2 kg de fromage, et surtout… surtout…. (A ne pas oublier sous peine de punitions terribles du reste de l’équipe) 2kg de chocolats divers et variés !!
On tient donc à vous faire part de certaines scènes cocasses crées par cette liste de courses… On vous met dans l’ambiance… Vous arrivez devant le rayon « céréales » et commencer à compter au gramme près… pour atteindre les 7,8 kg de muesli…
Mine de rien, tous les paquets de céréales n’ont pas le même poids, ce serait trop simple… (dans notre cas, aujourd’hui, le choix est entre 525g et 600g…)!!! A vous de trouver la combinaison idéale permettant d’avoir précisément 7,8 kg tout en ayant de la variété (bien sur, céréales au chocolat, aux noix, etc…)
Je vous garde le meilleur pour la fin, le summum de cette étape a eu lieu au rayon des fruits secs : en effet, nous avons besoin par jour et par personne de 2 figues, 3 dattes, 4 abricots, 10 noisettes-amandes, etc… Nous y voila pour le calcul mental…le total a été estimé à 19,5 kg de fruits secs pour 9 personnes, 9 jours de trek…9*9 = 81. Jusque là… ça va. Mais tentez le coup : 2 figues/jour/pers, soit 18 figues/jour pour l’équipe, soit 162 figues en tout !
Nous nous dirigeons donc consciencieusement vers les figues…et trouvons bien sur des paquets de 500g alléchants mais…. Combien de figues dans un paquet de 500g ???
On a beau avoir eu beaucoup de problèmes de math dans notre jeunesse de ce type là… Là, on bloque. Pas question de demander à un employé du supermarché, notre honneur est en jeu !
Alors nous y voila, comptant figue par figue ce que nous avons dans le paquet… « 16 !!! » annonce fièrement Vonne… Nous apprenons ainsi (et vous apprenons par la même occasion) qu’une figue sèche pèse ENVIRON…31,25 grammes… Insoupçonné ce coté de l’expé…
Idem pour les noisettes, pour votre gouverne et d’après nos calculs très théoriques (pas facile de compter avec précision le nombre de noisettes d’un sachet de 1kg…), une noisette pèse environ 1,8 grammes…
Vous en conviendrez et nous le savions, le poids est un ennemi à maitriser puisque nous tirons nous-mêmes les traineaux…et là, nous sommes fières de vous annoncer que nous maitrisons parfaitement le poids des fruits secs à l’unité…Non, non ne dites pas ça… Cela peut servir !
A bon entendeur…
Valentine
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Notre "trou" sur le lac de Tignes.
© Base Océans

Valentine et Vonne au rayon fruits secs.
© Base Océans

Manue, Valentine et Vonne préparant les rations pour le trek.
© Base Océans
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7/8 décembre 2009 : un réalisateur en or !
Un vent nouveau est arrivé à Tignes en ce 7 décembre 2009. En effet, en même temps que le soleil nous avons accueilli un personnage haut en couleurs, en optimisme, en gaieté, en professionnalisme... Nous donnant un cours magistral et adapté de prise de vues, particulièrement sous-marines, contribuant au succès de l'expédition : ramener un témoignage audiovisuel de l'univers caché de la banquise.
Thierry Robert réalisera en effet le film de l'expédition, ce qui est appréciable sachant que sa filmographie est très liée à des expériences similaires (« La grande traversée », « L'odyssée climatique du Southern Star », etc.). De plus, il a déjà coopéré sur de nombreux tournages avec notre cameraman terrestre, Vincent Berthet, qui sera donc son œil sur la banquise.
Il nous délivre quelques clés supplémentaires pour réaliser les différents plans mettant en valeur les plongeurs, la glace et tout ce que nous sommes susceptibles de voir là bas. Il est important par exemple de filmer « le subjectif », à savoir ce que les plongeurs voient, afin que le public puisse découvrir presque en même temps que nous, les merveilles polaires.
Il sera présent à distance et espère bien sur pouvoir nous rejoindre lors de la dépose au pôle, de la récupération, des ravitaillements et du séjour sur Ellesmere. Pour l'instant, nous avons hâte de le retrouver près de Briançon, lors de notre trek, la semaine prochaine.
Valentine
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Thierry Robert
© Base Océans

Premiers dérushages avec Thierry.
© Fred Bassemayousse / Base Océans
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5 décembre 2009 : Festival International du Film de Montagne d’Autrans, plongée et courses
Aujourd’hui, l’équipe s’est divisée : Ghislain est parti représenter Under The Pole au Festival International du Film de Montagne d’Autrans où nous recevons le prix Ushuaïa TV du meilleur projet audiovisuel 2009. Le teaser de l’expédition ainsi que celui du Millet Expedition Project seront projetés en introduction de la soirée.
Valentine et Clément étaient chargés de faire les courses à Bourg-Saint-Maurice, ce qui n’était pas une petite mission ! Sam, Vincent, Benoît et moi nous sommes rendus sur le site de plongée. Benoît et Sam ont fait deux plongées ensemble, première plongée sous-glace pour Benoît notre photographe mais qui est par ailleurs un excellent plongeur et familier de la plongée en combi étanche. Parlons en d’ailleurs de l’étanche… C’est vrai que nous nous sommes un peu moquées quand Benoît s’est plaint d’avoir extrêmement froid entre les jambes alors qu’il avait mis son pantalon en duvet d’oie… Mais quand il a enlevé sa combinaison après la plongée, force était de constater qu’il était mouillé des orteils jusqu’à la ceinture ! On a repéré le petit accro de 2 mm et ce soir c’est donc une première réparation sur une de nos étanches. On est content que ça arrive maintenant pour voir la faisabilité et la résistance de la réparation qui consiste à coller une rustine sur le caoutchouc de la combinaison. Pour Vincent, c’était une initiation au rôle de « sécurité surface », indispensable pour tous les non-plongeurs, un des objectifs de la semaine. Les plongeurs doivent pouvoir s’immerger en toute confiance, sachant que la personne qui tient la longe est fiable et consciente de sa tâche.
Pour ma part, je me suis sentie beaucoup plus à l’aise sur cette plongée malgré un réglage à revoir demain (bouteilles trop basses). On maîtrise très bien maintenant l’envoi et la réception de messages sur nos ordinateurs de plongée, moins bien le positionnement.
Ce soir, on visionne le documentaire d’Arnaud Tortel sur sa traversée de l’arctique en 2000 avec Rodolphe André. Leurs conditions de progression sont très proche de celles qu’on devrait rencontrer. Ca met dans l’ambiance !
Manue
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Sam et Ghislain partent plonger : configuration bouteilles sur le côté.
© Base Océans

Vincent s’initie au rôle de “sécurité surface” : ici, il assiste Manue.
© Base Océans

Kayak a fini par s’endormir en attendant de retourner creuser et courir dans la neige!
© Base Océans
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4 décembre 2009 : configurations de plongée et ordinateurs UDI
Les trois derniers jours ont été consacrés aux tests de différentes configurations du matériel de plongée et à l’utilisation des ordinateurs UDI en plongée et en surface. Mardi, Lionel, représentant de notre sponsor principal, ROLEX SA, est venu rencontrer une partie de l’équipe et nous voir plonger. C’était une journée très intéressante ou nous avons pu partager notre passion et apprendre à mieux connaître encore la société Rolex et son implication de longue date dans le domaine de l’aventure et de l’exploration. Pendant l’expédition, les 5 plongeurs porteront le modèle « Deepsea » : une montre résistante au froid et à la profondeur à la mécanique infaillible. Associées à un profondimètre à aiguille, cette alliance sera le gage de la sécurité à travers la simplicité car ces deux instruments, contrairement à l’électronique, ne peuvent pas tomber en panne!
Pour l’instant, la plongée avec les bouteilles sur le côté semble retenue même si pour ma part, je préférerais dans ce cas des bouteilles plus petites ( toujours cette histoire de taille !). Nous allons continuer les tests cette semaine en rajoutant chaque jour des contraintes nouvelles : photos et vidéos, entraînement aux manips scientifiques.
L’autre grande nouveauté de la semaine était l’utilisation des nouveaux ordinateurs de plongée UDI. Passée la surprise de leur taille imposante sur le poignet, ils se révèlent rapidement comme étant un outil de sécurité très intéressant pour le type de plongée que nous pratiquons.
En particulier ils permettent de s’envoyer des messages type sms préenregistrés (14 messages en tout) entre plongeurs et avec la personne qui fait la sécurité en surface. Par exemple : « ours », « conditions extra », « OK », « stop tirer longe »… Ils sont aussi un instrument de positionnement et de navigation, utile donc pour retrouver le trou ou rechercher un plongeur.
Nous plongerons donc avec au poignet gauche : une montre et un profondimètre à aiguille et au droit un ordinateur UDI, une broche à glace et un couteau.
Ce soir, l’équipe est presque au grand complet :Valentine et Vincent sont arrivés et sont déjà au travail pour le montage de minute vidéos pour le site internet. Clément et Benoît arrivent ce soir et nous allons commencer par une réunion de présentation de l’équipe, du matériel et du planning des semaines à venir jusqu’au départ de l’expédition.
Manue
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Lionel, Alban, Clément et Monch en sécurité surface au bord du lac.
© Base Océans

Test avec l’ordinateur de plongée UDI.
© Base Océans

L’”unité de surface”, on voit l’antenne dans le trou de plongée, permet de communiquer avec les plongeurs via les ordinateurs.
© Base Océans
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1er décembre 2009 : Première plongée hier après-midi – Manue
Après avoir participé en direct à l’émission d’Arielle (RFI) hier en début d’après-midi, Ghislain, Sam, Alban et moi nous sommes préparés pour aller faire une première plongée. L’objectif était surtout de tester la nouvelle configuration de plongée : combinaisons étanches de conception finlandaise, nouveau détendeur, harnais sur-mesure conçus par Ghislain et cousus par lui et Sam, blocs sur les côtés (moyen de pouvoir ouvrir et fermer les bouteilles nous-mêmes en cas de givrage). Ghislain et moi avons fait le premier tour, Alban et Sam se sont immergés juste après, à la tombée de la nuit. Nous sommes très satisfaits de nos nouvelles combis même si elles nécessitent de se couvrir chaudement à l’intérieur. Nous n’avons pas eu d’entrée d’eau du tout même au niveau de la tête où on a souvent les cheveux mouillés. Ghislain et Alban sont convaincus de l’efficacité de la nouvelle configuration avec bouteilles sur le côté. De mon côté, il faut revoir le réglage, plus compliqué à cause de ma petite taille et je pense qu’il me faudra quelques plongées pour m’y faire. C’est toujours dans une très belle ambiance que l’on se met à l’eau à Tignes… Le lac n’est pas encore suffisamment gelé, la mise à l’eau se fait là où la glace cède sous nos pieds. D’après Alban, une nuit bien froide suffit à faire geler significativement le lac. Ca tombe bien, la météo annonce enfin une chute des températures. Pour l’instant, il neige sans interruption depuis deux jours, pour le plus grand bonheur des skieurs et de …Kayak qui creuse des tunnels dans la poudreuse! Cet après-midi, Ghislain et Sam feront une deuxième plongée pour tester cette fois des ordinateurs de plongée israéliens qui permettent de se positionner en plongée mais aussi d’envoyer des messages à un autre plongeur ou à la personne en sécurité surface. Ces ordinateurs pourraient devenir un élément de sécurité incontestable de plus pour le type de plongée que nous allons pratiquer au Pôle. On vous en dit plus après le premier essai !
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Ghislain avance sur la glace pour s'immerger.
© Base Océans

Manue (équipée pour aller plonger) et Alban devant le chalet où nous stockons le matériel de plongée
© Base Océans

Alban (premier plan) et Sam partent plonger à la tombée de lanuit. Ambiance...
© Base Océans
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29 novembre 2009 : Préparation à Pluvigner et arrivée à Tignes – Manue
Après une semaine en Bretagne à préparer, recevoir et charger le matériel, nous avons pris la route pour Grenoble puis Tignes. Mais revenons sur cette semaine à Pluvigner. Quand je parle de matériel, imaginez pas moins d’une tonne de matériel! Pour que rien ne soit oublié, il faut trier, ranger, marquer au fur et à mesure que les livraisons arrivent. Mais le « défi » de la semaine, c’était la machine à coudre. Une machine professionnelle prêtée par « France Machine à Coudre » qu’on est allé chercher à Lyon et qui doit pouvoir coudre de la sangle épaisse, de la bâche, du Gore-Tex. Pour cette mission, des renforts sont arrivés : Sylvain Thibeaudau et Anthony Savary. Sylvain a passé plusieurs heures au rez-de-chaussée de la maison, entre le bureau et le garage, le nez sur la machine, à coudre des sacs de compartimentage pour les traîneaux. Il était relayé par Sam et Ghislain pendant qu’Anthony aidait au chargement du camion (faut-il encore préciser lourd chargement ?!). Une affaire d’homme donc la machine à coudre et vous ne me verrez pas m’en plaindre… En tout cas merci les amis pour ces quelques jours à nous aider dans la bonne humeur qui vous caractérise!
Jeudi matin, nous avons pu prendre la route de Grenoble où nous assistions le soir à une conférence d’Emmanuel Cauchy, dit aussi : « Docteur Vertical » sur le froid et les gelures en montagne et en expédition. Une bonne piqure de rappel sur les risques liés au froid et l’importance d’une prévention extrêmement rigoureuse. L’Iffremont regroupe des médecins de Chamonix spécialisés dans les secours en milieu extrême. Notre numéro de téléphone iridium est enregistré dans leur base de données et ils seront joignables jour et nuit en cas d’urgence. Même configuration en parallèle avec les médecins hyperbares de Toulon avec qui nous sommes déjà en contact pour tous les aspects médicaux liés à la plongée. Nous irons probablement une journée à Chamonix avec toute l’équipe pour une série de « travaux pratiques » sur la prévention et le traitement des gelures.
Nous sommes arrivés samedi soir à Tignes et avons déchargé le camion puis installé le matériel dans l’appartement jusqu’à 3H du matin. Sam a repris la couture, il nous confectionne des harnais de plongée sur mesure. Ghislain prépare les blocs de plongée et coordonne l’ensemble. Je m’occupe de tenir la presse informée et des repas la plupart du temps. Alban nous rejoint cette après-midi pour une première plongée. Il neige sans interruption depuis cette nuit et le froid semble revenir, nous espérons qu’une bonne couche de glace va se former sur le lac. Kayak ne pense qu’à se rouler et courir dans la neige, il fait plaisir à voir dans son élément ! Après-demain Clément arrive puis ce sera le tour de Vincent, Benoît et Valentine. Vendredi soir l’équipe sera réunie au grand complet pour une réunion qui lancera le début de ces deux semaines d’entraînement.
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L'appartement de Tignes transformé dès le premier soir en camp debase de l'expé!
© Base Océans

Sylvain a passé des heures sur la machine pour nous coudre dessacs de compartimentages sur-mesure pour les traîneaux
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Kayak dans son élément!
© Base Océans
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Vendredi 6 et samedi 7 mars 2009 – Jour 17 et 18 – Ghislain Bardout
15h00 heure locale (14h00 heure française)
Position géographique : 65°02’02,8’’N - 024°33’57,6’’E
Soleil : lever à 07h14, coucher à 17h52
Température de l’air : -1°C
Froid ressenti (effet du vent) : -6,8°C
Température de l’eau : -1,8°C
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1014,6 mb
Vitesse et orientation du vent : 15,5 km/h
Couverture nuageuse : stratus 2/8, soleil
Distance parcourue : -
Etat de la banquise : poudreuse de 20 cm
Nombre de jours de progression : 9
Nombre de jours consacrés à la plongée : 5
Nombre total de plongées effectuées : 13
Faune rencontrée : 1 oiseau Jaseur Boréal, nombreux invertébrés sous-marins (non identifiés), 2 poissons
Sur le chemin du retour, nous avons rencontré une équipe de 14 plongeurs scientifiques finlandais, qui travaillaient sur une zone de compressions. Nous avons passé la soirée en leur compagnie et les discussions furent passionnantes. Culturellement dans ces contrées nordiques le sauna fait partie du quotidien. C’est donc naturellement qu’ils nous ont proposé de partager le leur pour nous remettre de notre périple dans le froid. Quel décalage que de se retrouver dans une ambiance à 80°C après 2 semaines sur la banquise !
Le groupe, de l’Université d’Helsinki, participait à une semaine d’études dans le cadre d’une formation de plongeur scientifique. Leur technique de plongée est proche de la nôtre, avec cependant quelques spécificités, notamment leurs combinaisons qui ont retenues toute notre attention. Très différentes des modèles que l’on peut trouver en France et plus généralement dans les pays du « sud » de l’Europe, elles semblent parfaitement adaptées à des conditions de plongée très rudes, et particulièrement à celles de notre expédition. Rendez-vous est pris avec le fabricant lundi matin sur la route du retour pour approfondir le sujet.
Leur travail sur les crêtes de compression me rappelle la mission que nous avions menée en avril 2007 avec Christian Haas et Jean-Louis Etienne. Nous apprendrons que les champs de glace rencontrés sur notre chemin pendant notre périple se forment souvent à la limite entre la banquise et l’eau libre, lors des tempêtes qui ont lieu plus tôt dans la saison. Quant aux grandes crêtes croisées à plusieurs reprises, ce sont des zones d’accumulation de blocs échoués sur le fond. La faible salinité de l’eau, 2g/L seulement !, et la nature du fond vaseux s’expliquent par la présence d’ estuaires et rivières environnantes qui déversent leurs alluvions dans la Baltique et par un haut fond qui sépare le nord et le sud de cette mer.
Nous avons maintenant séché et rangé le matériel dans le camion… Le départ approche ! Marina, Clément, Alban et Stéphane repartent demain en avion alors que Manue, Sam et moi prendrons le chemin du retour par la route. Dans quelques jours nous serons en France pour dresser un bilan de notre expérience en Finlande. A bientôt ! |

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Jeudi 5 mars 2009 – Jour 16 – Ghislain Bardout
18h00 heure locale (17h00 heure française)
Position géographique : 65°02’02,8’’N - 024°33’57,6’’E
Soleil : lever à 07h21, coucher à 17h45
Température de l’air : -1,8°C
Froid ressenti (effet du vent) : -5,9°C
Température de l’eau : -1,8°C
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1010,2 mb
Vitesse et orientation du vent : 6,3 km/h
Couverture nuageuse : alto-stratus 8/8
Distance parcourue : 11 km
Etat de la banquise : poudreuse de 20 à 30 cm
Nombre de jours de progression : 9
Nombre de jours consacrés à la plongée : 4
Nombre total de plongées effectuées : 11
Faune rencontrée : 1 oiseau Jaseur Boréal, nombreux invertébrés sous-marins (non identifiés), 1 poisson
Nous avons quitté notre camp pour une journée de progression sur une neige lourde, du fait de la hausse des températures des derniers jours. Nos traîneaux se sont allégés de quelques kilos, ce qui facilite tout de même l’avancée. Nous parcourons 5 km le matin en 1h45 et 6 km l’après midi en 2h15. Comme la première semaine, nous passons par une crête de compression plus massive que les autres.
Nous saisissons l’occasion de travailler sur le franchissement de ces obstacles imposants. Pour y parvenir, nous devons nous entraider dans les passages les plus difficiles, ce qui nécessite de se détacher et fait perdre beaucoup de temps. Du haut d’un bloc de glace de près de 4 m, nous avons fait un test de résistance d’un de nos traîneaux : chargé de ses 120 kg, nous l’avons lancé dans le vide afin de voir comment il se comportait. Il a dévalé la pente en tapant les arêtes de glace, a fléchi brièvement à l’atterrissage avant de terminer sa course comme une luge. Il ne faisait que -6°C et le polyéthylène du kayak sera certainement moins résistant par -35°C, mais leur excellent comportement général sur tous les types de terrain nous conforte dans notre choix. |

© Base Océans
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Mardi 3 et mercredi 4 mars 2009 – Jour 14 et 15 – Ghislain Bardout
15h00 heure locale (14h00 heure française)
Position géographique : 65°00’03,1’’N - 024°25’56,8’’E
Soleil : lever à 07h25, coucher à 17h43
Température de l’air : -2°C
Froid ressenti (effet du vent) : -5,9°C
Température de l’eau : -1,8°C
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1007,5 mb
Vitesse et orientation du vent : 7,6 km/h
Couverture nuageuse : alto-stratus 8/8, blizzard
Distance parcourue : -
Etat de la banquise : poudreuse de 40 à 70 cm
Nombre de jours de progression : 8
Nombre de jours consacrés à la plongée : 4
Nombre total de plongées effectuées : 10
Faune rencontrée : 1 oiseau (non identifié), 1 invertébré sous-marin
(non identifié), 1 poisson
Pour nos journées de plongée à venir, nous avons recherché un site le
plus proche possible des crêtes de compression que nous pouvons
observer. Toute la difficulté est d’ouvrir un trou suffisamment proche
pour pouvoir se rendre sur les compressions sous-marines. A la
différence du pôle, où il existe des « rivières de glace » ouvertes
entre les plaques un peu partout, ici il n’y a pas d’accès à la mer.
Nous avons bien croisé une faille de 15 cm de large mais rien dont nous
puissions profiter pour plonger. Nous avons donc sondé la banquise en
creusant des trous ça et là avec la tarière. Ici, la glace fait au moins
80 cm d’épaisseur, mais elle peut atteindre plusieurs mètres sur les
crêtes de compression et leurs abords. Mieux vaut se méfier des
sondages, car souvent une deuxième plaque peut se présenter en dessous
de la première. Nous avons fini par trouver un emplacement situé à 10 m
d’une crête sur lequel nous avons dressé le camp et ouvert un trou en 2
h. Les plongées sont différentes de notre expérience de la semaine
dernière, principalement dû au relief sous-marin. La visibilité reste
par contre mauvaise (4 m) et très peu de lumière traverse les 80 cm de
glace et 40 cm de neige qui la recouvre. Nos éclairages se révèlent
indispensables. Nous retrouvons par contre enfin de vraies crêtes de
compression – amoncellement de plaques de glace compactée –
partiellement recouvertes de cristaux.
On est encore très très loin du
spectacle du pôle, mais pour la première fois sous glace on retrouve ces
formations si caractéristiques. Le plafond est recouvert d’un tapis
d’algues brunâtres qui se libèrent au contact de nos bulles, réduisant
ainsi encore la visibilité. Les premières plongées sont donc les
meilleures. Dans une eau à -1,8°C, nous avons seulement réveillé un
poisson de 8 cm qui dormait entre les blocs. |

© Base Océans
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Lundi 2 mars 2009 – Jour 13 – Ghislain Bardout
20h00 heure locale (19h00 heure française)
Position géographique : 65°00’03,1’’N - 024°25’56,8’’E
Soleil : lever à 07h32, coucher à 17h36
Température de l’air : -12,7°C
Froid ressenti (effet du vent) : -18,8°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1016,8 mb
Vitesse et orientation du vent : 7,4 km/h
Couverture nuageuse : soleil
Distance parcourue : 10 km
Etat de la banquise : neige dure et poudreuse
Nombre de jours de progression : 8
Nombre de jours consacrés à la plongée : 2
Nombre total de plongées effectuées : 4
Faune rencontrée : 1 oiseau (non identifié), 1 invertébré sous-marin
(non identifié)
Nous avons assisté ce matin à un magnifique lever de soleil qui semblait annoncer une belle journée ensoleillée… Mais pendant que nous levions le
camp, les nuages ont envahi la banquise, le plafond nuageux s’est
abaissé et nous a plongé dans un univers blanc plombant. La progression
dans ces conditions est déroutante, sans aucun repère visuel pour celui
qui fait la trace. Il devient difficile de naviguer à l’instinct ou de
se baser sur des repères visuels. Nous nous orientons donc au compas
pendant la marche et faisons un point GPS régulièrement lors des pauses.
Lorsqu’un champ de blocs de glace compactée est apparu devant nous, nous
en avons profité pour tester les traîneaux sur un terrain escarpé et
anguleux. Nous sommes très satisfaits de nos « kayaks-pulkas » qui pour
l’instant se comportent bien dans les différents types de terrains
rencontrés. Ils encaissent bien les chocs répétés que leur assène la
glace grâce à leur flexibilité et sont stables même chargés en hauteur
au-delà de 80 cm. Nous les avons finalement tous ouvert sur le dessus
avant de repartir, ce qui facilite grandement le compartimentage et nous
fait gagner 4,5 kg par traîneau. Leur poids total avec bâche de
protection et accastillage s’élève maintenant à 12 kg. |

© Base Océans
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Dimanche 1er mars 2009 – Jour 12 – Ghislain Bardout
20h00 heure locale (19h00 heure française)
Position géographique : 65°00’19,6’’N - 024°29’23,4’’E
Soleil : lever à 07h36, coucher à 17h33
Température de l’air : -12,7°C
Froid ressenti (effet du vent) : -18,8°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1016,8 mb
Vitesse et orientation du vent : 7,4 km/h
Couverture nuageuse : soleil
Distance parcourue : 4,8 km en 1h30
Etat de la banquise : neige dure
Nombre de jours de progression : 7
Nombre de jours consacrés à la plongée : 2
Nombre total de plongées effectuées : 4
Faune rencontrée : 1 oiseau (non identifié), 1 invertébré sous-marin
(non identifié)
Nous sommes repartis pour une nouvelle semaine de trek en milieu d’après-midi. La mauvaise nouvelle est que la batterie de notre téléphone satellite Iridium nous lâche, il devient quasiment impossible d’émettre en joignant des photos à la news. On fait le maximum ! La
bonne nouvelle est que nous sommes repartis sur une neige dure sur laquelle il est nettement plus facile d’avancer. Nous avons parcouru 4,8 km en 1h30 et notre vitesse de croisière dans ces conditions est de 3,8 km/h. Ca fait du bien au moral après la semaine de marche dans la poudreuse de la semaine dernière où notre vitesse de progression n’excédait pas 1,9 km/h. Nous avons monté le camp face à un magnifique coucher de soleil sur la Suède, qui a laissé place à une nuit étoilée.
Les observations du ciel par nuits dégagées sont magnifiques, car tel un bateau en mer, nous sommes seuls sur la banquise et les villes les plus proches sont à plusieurs dizaines de km. |

© Base Océans
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Vendredi 27 et Samedi 28 février 2009 – Jour 10 et 11 – Ghislain Bardout
14h00 heure locale (13h00 heure française)
Position géographique : 65°02’02,9’’N - 024°33’58,0’’E
Soleil : lever à 06h39, coucher à 16h29
Température de l’air : -12,1°C
Froid ressenti (effet du vent) : -19,2°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : 52,3 %
Pression barométrique : 999,8 mb
Vitesse et orientation du vent : 10,4 km/h
Couverture nuageuse : soleil
Distance parcourue : 8 km
Etat de la banquise : Couche homogène de 5 à 20 cm de neige
Nombre de jours de progression : 4
Nombre de jours consacrés à la plongée : 2
Nombre total de plongées effectuées : 4
Faune rencontrée : 1 oiseau (non identifié), 1 invertébré sous-marin
(non identifié)
Les derniers jours, nous avons eu des difficultés pour émettre nos news avec le téléphone satellite Iridium, dues au froid pendant les phases d’émission. Notre préparation a elle continué comme prévu: vendredi matin, Sam et moi avons replongé sur le même site avant de repartir l’après midi pour une marche de 4h30 correspondant à une progression de 8 km. Nous avons rejoint l’île de Hailuoto pour déposer notre réalisateur Bastien qui décollait pour Paris dans la nuit de dimanche.
Nous repartirons donc dans la matinée à sept pour une nouvelle semaine.
Bravo à Bastien pour son adaptabilité permanente dans ces conditions de travail on ne peut plus spéciales !
La journée de samedi a été consacrée
à la reconfiguration de nos pulkas suite aux tests et conclusions de la
première semaine. L’équipe est satisfaite du bilan de cette première
expérience : le matériel est rodé – avec bien sûr quelques modifications
prévues – les journées de plongée nous permettrons de faire 3 ou 4
plongées et de nous reposer à tour de rôle. Mais surtout la levée d’une
interrogation concernant le poids des traîneaux et la quantité de
carburant à emporter.
Nous n’avons pas trop souffert du froid, mais
ramenons tout de même quelques gerçures, courbatures, douleurs à
l’épaule ou au genou. Nous allons nous diriger vers un champ de glace
pour essayer de trouver du relief sous-marin. |

Notre première rencontre animale : un oiseau.
© Clément Infante / Base Océans

Retour de notre première plongée sous la banquise de la Baltique.
© Stéphane Régnier / Base Océans
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Jeudi 26 février 2009 – Jour 8 – Ghislain Bardout
18h00 heure locale (17h00 heure française)
Position géographique : 64°59’20,3’’N - 024°27’04,1’’E
Soleil : lever à 06h46, coucher à 16h23
Température de l’air : -
Froid ressenti (effet du vent) : -
Température de l’eau : -
Hygrométrie :
Pression barométrique : 997,0
Vitesse et orientation du vent : -
Couverture nuageuse : soleil, brouillard
Distance parcourue : 0 km
Etat de la banquise : Couche homogène de 10 à 20 cm de neige, 1 zone de
chaos de glaces de petite taille
Nombre de jours de progression : 3
Nombre de jours consacrés à la plongée : 1
Nombre total de plongées effectuées : 3
Faune rencontrée : -
Aujourd’hui arrive enfin notre première journée consacrée à la plongée.
Les tâches sont nouvelles, chacun prend donc ses responsabilités. Alban – en charge du matériel de plongée - ouvre le trou avec une tarrière et
une scie à glace aidé par Clément. La première palanquée est constituée
des plongeurs suivants : Manue, Alban et moi-même. L’objectif est de
tester différentes configurations matérielles et de tourner les
premières images sous-marines.
A peine immergés, nous constatons avec
surprise que l’eau n’est pas très salée. La visibilité n’excède pas 5 m
et peu de lumière traverse la couche de glace, due à la forte épaisseur
de neige qui la recouvre. Comme prévu, la surface inférieure de la
banquise est plane et mesure 30 cm d’épaisseur là où nous nous trouvons.
Nous retrouvons par contre quelques cristaux fragiles qui nous
rappellent ceux qui nous attendent au pôle. Le fond se trouve 12 m plus
bas et est sablonneux avec quelques cailloux éparses. Pour l’instant,
cela me rappelle plus la plongée sous-glace en lac que le souvenir des
plongées cristallines dans les cathédrales de glace du pôle. Je m’y
attendais, il faut en garder pour l’année prochaine !
Après encore deux
autres plongées sur ce site et toute l’intendance qui va avec (gonflage
des bouteilles, dégivrage du matériel, repas chauds…), la bonne
organisation globale nous permet d’être serein concernant le déroulement
du programme de plongée prévu sous la banquise du pôle. |

L’équipe d’Under The Pole au camp dans le brouillard.
© Stéphane Régnier / Base Océans

En plongée sous la glace, aux abords du trou.
© Stéphane Régnier / Base Océans
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Mercredi 25 février 2009 – Jour 7 – Ghislain Bardout
18h00 heure locale (17h00 heure française)
Position géographique : 64°59’20,3’’N - 024°27’04,1’’E
Soleil : lever à 06h54, coucher à 16h16
Température de l’air : -5,4°C
Froid ressenti (effet du vent) : -14,9°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : 54,9 %
Pression barométrique : 998,5 mb
Vitesse et orientation du vent : 29,5 km/h de secteur Ouest
Couverture nuageuse : soleil
Distance parcourue : 8km
Etat de la banquise : Couche homogène de 20 cm de neige, 1 zone de chaos
de glace de petite taille
Nombre de jours de progression : 3
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
La journée a été ensoleillée mais nous avons progressé jusqu’à 14h00 dans le blizzard. Les cagoules étaient nécessaires pour prévenir le risque de gelures au visage. Après quelques heures de progression fatigante, nous sommes arrivés sur un champ de blocs de glace compressés les uns contre les autre en tout sens… Magnifique mais difficile à traverser. Ce nouveau terrain nous permet de constater encore une fois la solidité de nos «traîneaux-kayaks». La lumière aujourd’hui était
magique, la poussière de neige soufflée par le vent donnait à la
banquise cette ambiance polaire si caractéristique. Le camp est monté (de plus en plus vite) sur le site où nous
plongerons demain. On est tous curieux et impatients de se mettre à
l’eau pour voir l’envers du décors !… |

Bastien parcourt plus de km que nous pour saisir les images pour le
film.
© Stéphane Régnier / Base Océans

Une première photo de l’équipe des six en progression.
© Stéphane Régnier / Base Océans
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Mardi 24 février 2009 – Jour 6 – Ghislain Bardout
17h00 heure locale (16h00 heure française)
Position géographique : 65°01’23,4’’N - 024°27’14,3’’E
Soleil : lever à 06h54, coucher à 16h16
Température de l’air : -5,1°C
Froid ressenti (effet du vent) : -12,5°C
Température de l’eau : -
Pression barométrique : 1000,8 mb
Vitesse et orientation du vent : 17,8 km/h de secteur Sud-Ouest
Couverture nuageuse : soleil avec quelques passages nuageux
Distance parcourue : 6,5 km
Etat de la banquise : Couche homogène de 20 cm de neige, 2 passages de
crêtes de compression
Nombre de jours de progression : 2
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
Notre première journée de raid sur la banquise s’est déroulée sous un soleil radieux, ce qui était de bonne augure. La nuit dernière s’est relativement bien passée pour tous : personne n’a eu froid, certains ont eu le sommeil lourd et d’autres (dont moi) ont dormi par intermittence.
Au réveil (7h00), il est un peu pénible de s’extirper de son sac de couchage pour sortir dans le froid. Heureusement, le petit déjeuner de nos rations journalières (préparées par Manue et Marina) est excellent : un mélange de différents muesli avec du lait en poudre, du sucre roux et
plusieurs tasses de thé.
Une fois revigorés, nous avons plié le camp et chargé les traîneaux puis nous sommes partis les uns derrière les autres en direction de l’Ouest. Les traîneaux sont lourds, mais une fois le rythme instauré, il est possible de progresser longtemps à condition bien sûr de faire des pauses régulières qui sont l’occasion de grignoter.
Pendant la progression, nous avons franchi deux crêtes de compression, formées par la rencontre de plaques de banquise les unes contre les autres. Ces passages sont difficiles et très physiques, car ils nécessitent de pousser, tirer et hisser les traîneaux sur un terrain chaotique et fracturé en tout sens. La plus grosse mesurait 7 m et il nous a fallu une demi-heure pour faire passer nos 6 traîneaux.
A 16h00 et après 5h30 de marche dans la poudreuse, nous avons dressé le camp avec un magnifique coucher de soleil sur la banquise. A quelques km de nous, on peut observer le va et vient de quelques brise-glaces. Nous nous sommes tous regroupés dans la grande tente mess pour débriefer de cette première journée aux couleurs du pôle. La fatigue est là, les courbatures aussi, mais nous sommes tous infiniment heureux d’être réunis ici pour préparer l’expédition de l’année prochaine. |

Notre premier bivouac, à l’aube du deuxième jour.
© Stéphane Régnier / Base Océans

Le franchissement d’une grosse crête de compression a été éprouvant.
Ambiance polaire !
© Stéphane Régnier / Base Océans
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Lundi 23 février 2009 – Jour 5 – Ghislain Bardout
21h00 heure locale (20h00 heure française)
Position géographique : 65°01’55,8’’N - 024°32’19,5’’E
Soleil : lever à 06h57, coucher à 16h13
Température de l’air : -6,6°C
Froid ressenti (effet du vent) : -14,1°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1010,6 mb
Vitesse et orientation du vent : 16,3 km/h de secteur Sud-Est
Couverture nuageuse : neige le matin, altostratus 7/8 l’après-midi et le
soir
Distance parcourue : 1,3 km
Etat de la banquise : Couche homogène de 20 cm de neige, 2 crêtes de
compression
Nombre de jours de progression : 1
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
Alban et Stéphane nous ont rejoints en milieu d’après-midi. En les attendant, nous avons aligné dehors les 6 traîneaux que nous avons chargés avec nos 700 kg de matériel et de nourriture. Une ultime vérification, un dernier comptage et finalement le verdict : la pesée.
Conformément aux prévisions, les traîneaux pèsent de 110 à 130 kg sauf celui de Manue qui pèse précisément 80,9 kg (l’objectif était de 80kg).
A 16h20, nous nous sommes élancés sur la banquise en direction de l’Ouest. Nous étions tous très excités mais le poids des traîneaux nous a tout de même rapidement refreinés. C’était un grand bonheur de s’élancer enfin avec nos harnais dans un monde aux couleurs du pôle.
Nous avons marché une heure et passé deux petites crêtes de compression avant de monter le camp au milieu de nulle part, sur une banquise épaisse d’environ 30 cm. En dessous, l’eau doit être à -1,8°C, on vérifiera cela dans deux jours avec la première journée de plongée.
Après un repas qui nous a tous réchauffés, tout le monde est parti se coucher pour se détendre après les jours d’intense préparation que nous venons d’achever. Demain, lever 7h00. |

Ghislain boucle son traîneau de 125 kg, quelques minutes avant le
départ.
© Stéphane Régnier / Base Océans

Après une longue préparation, les premiers pas sur la banquise nous
permettent enfin de confronter le terrain avec nos prévisions.
© Stéphane Régnier / Base Océans
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Dimanche 22 février 2009 – Jour 4 – Ghislain Bardout
23h00 heure locale (22h00 heure française)
Position géographique : 65°02’02,7’’N - 024°33’57,9’’E
Soleil : lever à 07h00, coucher à 16h09
Température de l’air : -4,1°C
Froid ressenti (effet du vent) : -9,2°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1010 mb
Vitesse et orientation du vent : 7 km/h de secteur Est
Couverture nuageuse : ciel bleu le matin, stratus 8/8 l’après-midi,
neige le soir
Distance parcourue : 0 km
Etat de la banquise : -
Nombre de jours de progression : 0
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
Nous avons terminé les préparatifs pour le départ ou du moins avons décidé de nous en tenir là. En effet, on peut toujours améliorer ou modifier quelque chose, mais il est maintenant temps de partir et d’éprouver nos choix.
Tout le matériel est prêt et aligné devant chaque traîneau correspondant : 3 scaphandres, 5 combinaisons étanches, 33 kg de plomb, matériel de plongée, matériel médical et oxygène, équipements de camping polaire, 3 tentes, 1 compresseur thermique pour la plongée, 2 groupes électrogènes de 1 kW chacun, 2 décapeurs thermiques, 97 rations alimentaires journalières soit 83 kg, le matériel de prise de vue terrestre et sous-marine, les caissons sous-marins et leurs éclairages, une scie à glace et une tarière, des bâtons de ski, des outils, des pièces de rechange et de réparation et bien sûr les affaires personnelles soit 15 kg chacun. Le chargement aura lieu demain après quoi le verdict tombera : le poids des traîneaux !
Alban et le photographe de l’expédition Stéphane Régnier nous rejoignent demain en avion depuis Paris. A leur arrivée, nous ferons tous ensemble un dernier check puis nous partirons sur la banquise, située à 200 m de notre abri.
Nous devrions partir vers 16h00 et marcher 1 heure avant de planter le camp. Il neige depuis la fin de journée et une pellicule de poudreuse de 10 cm a tout recouvert dehors. Pour notre dernier dîner assis à table, nous avons mangé plus de fruits que d’habitude.
Tout le monde est impatient de partir. Personnellement, je suis heureux d’être ici avec l’équipe et que tout se soit bien déroulé jusqu’ici. |

Fenêtre sur le départ pour la banquise, demain en milieu de journée.
© Clément Infante / Base Océans

Sam, Clément, Bastien, Manue et Marina lors de notre dernier repas à
table.
© Ghislain Bardout / Base Océans
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Samedi 21 février 2009 – Jour 3 – Ghislain Bardout
20h00 heure locale (19h00 heure française)
Position géographique : 65°02’02,6’’N - 024°33’57,8’’E
Soleil : lever à 07h04, coucher à 16h06
Température de l’air : -5,7°C
Froid ressenti (effet du vent) : -12,5°C
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1023 mb
Vitesse et orientation du vent : 13 km/h de secteur sud
Couverture nuageuse : altostratus 8/8 avec éclaircies occasionnelles
Distance parcourue : 0 km
Etat de la banquise : -
Nombre de jours de progression : 0
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
Les derniers gros chantiers préparatoires à l’expédition et à notre premier départ pour la banquise finlandaise sont terminés. Les 6 traîneaux sont prêts, le matériel de plongée est sur le point de l’être, les rations alimentaires journalières sont faites. Bastien - le réalisateur du film – a customisé le matériel vidéo terrestre avec Clément. Il s’agissait en particulier de protéger les caméras, les micros et les accus contre le froid et la neige, tout en gardant accessibles les fonctions indispensables. Le froid est un ennemi des accus et des batteries, il est donc indispensable de les isoler autant que possible afin de pouvoir les utiliser le moment voulu. C’est
pourquoi à l’extérieur, nous les garderons le plus souvent sur nous et proches du corps, afin qu’elles conservent leurs charges.
Sam a terminé les traîneaux (avec un coup de main efficace de Clément) et a enchaîné sur la vérification des tentes. Les traîneaux que nous testons cette année sont fabriqués à partir d’un kayak en polyéthylène, un matériau très résistant même par grand froid. Nous les avons découpés partiellement sur le dessus, y avons fixé une bâche légère, résistante et étanche ainsi que des sangles et des élastiques. Ils mesurent 2,40 de long, 63 cm de large, 38 cm de haut et pèsent entre 12 et 16 kg à vide selon les options que nous testons cette année.
Manue a passé la journée à peser les rations, à compter les sachets de lyophilisés, à répartir 10
kg de Muesli en 97 petits-déjeuners… Marina lui a porté main forte une fois finis ses ateliers de couture !
De mon côté, j’ai préparé le caisson et l’éclairage vidéo pour les prises de vues sous-marines et terminé le premier gonflage des blocs et les multiples adaptations du matériel aux conditions auxquelles il sera soumis.
Tout ça nous occupe du matin au soir sans relâche ou presque, pause déjeuner oblige, qui nous permet de lever le nez et apéro pendant lequel nous fixons les objectifs du lendemain. Demain, nous terminons les derniers préparatifs et chargeons les traîneaux. Le départ est prévu lundi en milieu d’après-midi. |

Emmanuelle et Marina préparent les rations alimentaires journalières de
l’équipe pour 15 jours de raid.
© Ghislain Bardout / Base Océans

Prototype des traîneaux sur la banquise après un essai, proche du rivage
de l’île de Hailuoto.
© Clément Infante / Base Océans
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Vendredi 20 février 2009 – Jour 2– Ghislain Bardout
19h00 heure locale (18h00 heure française)
Position géographique : 65 °01’59,6’’N - 024 °33’41,1’’E
Soleil : lever à 07h07, coucher à 16h03
Température de l’air : -10,2 °C mini et -5,6 °C maxi
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1026 mb
Vitesse et orientation du vent : 9,4 km/h de secteur sud
Couverture nuageuse : altostratus 8/8 le matin et 5/8 l’après-midi
Distance parcourue : 0 km
Etat de la banquise : -
Nombre de jours de progression : 0
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
Nous nous répartissons le travail et progressivement tout prend sa place, les sacs se vident, les traîneaux prennent forme.
La préparation des caméras nous prend un certain temps, car il s’agit de régler leur sensibilité aux différentes ambiances lumineuses que nous allons rencontrer. Toute la difficulté est de ramener du détail et des nuances de l’immensité blanche qui nous entoure.
Cet après-midi, nous sommes allés faire une reconnaissance sur la banquise à proximité du rivage. Elle fait entre 40 et 60 cm d’épaisseur, est assez opaque et renferme de la boue car le fond n’est qu’à quelques mètres de profondeur à proximité du rivage. Nous avons récupéré les cartes marines de la région et pris la météo pour les jours à venir (qui s’annonce bonne). Nous réfléchissons à notre itinéraire pour notre premier raid de 5 jours, qui s’oriente vers un parcours dans le sud-ouest de l’île de Hailuoto. On y trouvera une glace d’épaisseur moyenne de 40 cm, des profondeurs allant de 20 à 40 m et la limite du pack (frontière entre la banquise et la mer) restera à plusieurs dizaines de km. De plus, ce secteur nous laisse à l’écart des quelques routes empruntées par les brises glaces.
Il est extrêmement plaisant de voir l’expédition prendre forme après tant de mois de préparation. Vivement la banquise ! |

Bastien, Ghislain et Clement en debriefing sur la banquise apres des tests camera
© Marina Boitard / Base Océans

Ghislain fait les essais de telephonie et de transmission de donnees par setellite à l'aide d'un combiné Iridium
© Emmanuelle Perie / Base Océans
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Jeudi 19 février 2009 – Jour 1 – Ghislain Bardout
22h00 heure locale (21h00 heure française)
Position géographique : 65°02’02,8’’N - 024°33’58,3’’E
Soleil : lever à 07h11, coucher à 15h59
Température de l’air : -15°C mini et -7°C maxi
Température de l’eau : -
Hygrométrie : -
Pression barométrique : 1025 mb
Vitesse et orientation du vent : 0 km/h
Couverture nuageuse : altostatus 7/8
Distance parcourue : 0 km
Etat de la banquise : -
Nombre de jours de progression : 0
Nombre de jours consacrés à la plongée : 0
Nombre total de plongées effectuées : 0
Faune rencontrée : -
Après notre passage à Tignes et nos haltes à Annecy, Chamonix, Paris, Valenciennes et Bruxelles, Manue, Sam et moi avons pris la route pour la Finlande. Nous avons parcouru 3000 km depuis la France, à travers la Belgique, l’Allemagne, le Danemark, la Suède que nous avons remonté du Sud au Nord et enfin la Finlande. Après 60 heures de route non stop, nous sommes arrivés mercredi en milieu de journée à destination : l’île de Hailuoto.
Le paysage enneigé et le soleil éclatant nous fait très vite oublier la fatigue de la route. Le passage du continent vers l’île est possible par bateau (hybride entre le bac et le brise-glace) ou par une route balisée sur la banquise. Nous traversons pour la première fois par la mer et j’en profite pour tourner quelques images. Nous nous consacrons ensuite à trouver une « cabine », petit chalet local où nous voulons établir notre camp de base pendant 4 jours afin de : (1) terminer nos préparatifs matériels avant les 15 jours de raid sur la banquise (2) effectuer des tests caméras et sons avec Bastien, notre réalisateur.
La « mission cabine » s’avère être compliquée, la fréquentation touristique de l’île l’hiver étant, on s’en doutait, nulle ! Les bretons étant têtus…A force d’aller frapper aux portes des maisons et des caravanes, nous avons fais la connaissance de deux personnages qui
auraient aussi bien pu sortir d’un « racontar arctique » de Jorn Riel !
C’est ainsi que grâce à Pekka et Tommy, nous sommes installés dans un petit chalet dans le camping sur la côte ouest, à 100 m de la banquise. Après une grosse nuit, nous avons attaqué notre première journée de travail : déchargement, tri, compartimentage du matériel et bien sur
bricolage. Manue a pris en charge la préparation des rations alimentaires des 15 jours à venir, Sam la préparation des traîneaux et moi celle du matériel de plongée. Dans l’après-midi, Manue est partie faire des courses (notamment pour trouver des cartes marines de la région) et récupérer Marina, Clément et Bastien arrivés par avion. Nous avons profité d’être réunis le soir pour faire le planning des jours à venir devant une bière finlandaise avant de tester nos nouveaux sacs de couchage, trop chauds pour le moment ! |

Equipe Tignes
© Stéphane Régnier / Base Océans

Preparation
© Stéphane Régnier / Base Océans
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Finlande 2009 - 19 février au 8 mars / Répétition générale de l’expédition
Ile de Hailuoto – Nord de la mer Baltique
L'équipe Under The Pole sur le départ pour une « répétition générale » sur la banquise du nord de la mer Baltique, en Finlande.
L’objectif de ce séjour est de faire un test grandeur nature à la fois humain, matériel et technique, dans des conditions aussi proches que possible de ce qui nous attend sur la banquise Arctique. Ce sera l’occasion d’éprouver l’ensemble du matériel, de se familiariser avec lui, d’identifier les oublis, de faire des essais photos et vidéos et d’apprendre à se coordonner dans le travail. D’autre part, cela permettra à chacun de prendre ses marques et de se préparer psychologiquement au grand départ.
Pendant ces deux semaines d'entraînement vous pourrez suivre l’avancée de l’équipe presque en temps réel grâce au journal de bord qui sera publié régulièrement dans cette rubrique. |

L'équipe Under The Pole
© Frédéric Bassemayousse / Base Océans

l’île de Hailuoto, Finlande
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